La digitalisation d’un secteur, si elle est initiée par l‘émergence de nouvelles technologies, implique cependant de réinventer l’offre perçue par le client. Et les attentes autour du digital se cristallisent le plus souvent autour des mêmes sujets : le client veut des offres améliorées (l’émergence de Tesla ou Waymo se fait sur le pari de construire la voiture du futur), il veut gagner en autonomie (c’est par exemple le rôle des plateformes, de Trainline à Opodo, qui laissent le client construire son offre) et demande des offres accessibles (la première disruption introduit par Uber sur le marché des taxis est la mise disposition du plus grand nombre de l’offre de taxis).

Digitalisation de l’offre d’assurance immeuble

Ces trois exigences sont autant de points de repère efficaces pour mesurer l’impact de la transformation digitale sur le marché de l’assurance habitation ou immeuble. On trouvera en particulier que les offres y sont déjà plus accessibles, qu’elles commencent à offrir plus d’autonomie, et qu’elles ne présentent en revanche que de faibles signaux d’amélioration. Il ne fait pas de doute que l’accessibilité aux offres d’assurance immeuble a été considérablement développée grâce au web et aux canaux de distribution qu’il permet. Les comparateurs d’offres ont ainsi apporté de la transparence pour l’assuré, syndics bénévoles ou petits immeubles peuvent s’assurer en ligne aussi simplement qu’un syndic, et tous les propriétaires ont la possibilité de faire analyser et même valider le dossier de leurs locataires. L’accessibilité est un bénéfice incontestable de la digitalisation du secteur, en particulier au regard de la relative complexité des différents échelons de l’assurance immobilière.
Cette même complexité du produit final rend cependant plus difficile une réelle autonomie. Si la vente en ligne est possible, l’autonomie complète de l’assuré (qui connait souvent mal les subtilités d’un contrat d’assurance et de son propre produit à assurer) n’existe pas aujourd’hui. Car c’est bien la simplicité du produit qui permet l’autonomie, davantage que la digitalisation. Si Trainline a pu apporter une vraie autonomie dans l’achat d’un billet de train partout en Europe, c’est avant tout parce que le billet de train est un produit simple, donc facilement digitalisable.

Limites et opportunités de la digitalisation de l’offre

L’amélioration de l’offre, quant à elle, pose un problème particulier dans le domaine de l’assurance. En effet, c’est souvent par la personnalisation d’une offre que la digitalisation apporte une nouvelle valeur ajoutée. Or dans le cas de l’assurance, la personnalisation poussée à l’extrême viendrait nier le principe original de l’offre, qui est celui de la mutualisation du risque. Le jour ou les données et les algorithmes permettront de spécifier parfaitement les risques d’un immeuble ou d’une copropriété en particulier et d’anticiper ainsi les sinistres, c’est le produit lui-même qui sera remis en cause
L’horizon de la digitalisation de l’assurance copropriété se fera donc ailleurs. Il s’agira en particulier d’explorer les pistes innovantes autour des services associés à la prestation (gestion des sinistres en temps réel, intégration de l’assurance à l’image numérique de l’immeuble,…) ou autour de la simplification d’offres pour l’instant complexes. Elle pourra aussi s’appuyer sur les opportunités offertes par la digitalisation de l’immobilier : BIM, syndic en ligne, logiciel de gestion d’immeubles sont autant d’opportunités permettant aujourd’hui d’inclure l’assurance copropriété dans un écosystème plus large et plus accessible.

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